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Droit du travail et médecine

Refus ou absence du salarié à la visite médicale du travail

Que peut faire le médecin du travail ?
lundi 1er mai 2006 par Bertrand Hue
L’aptitude d’un salarié à son poste dépend de l’avis du médecin du travail, que faire si le salarié ne se présente pas à sa visite ?

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> Refus ou absence du salarié à la visite médicale du travail

Le mercredi 24 janvier 2007
Il ya un certain nombre d’éléments intéressants dans la réponse du médecin datant du 21 janvier mais cette analyse ne répond pas fondamentalement à mes objections. Ce n’est pas très important d’ailleurs et je ne pense pas que la question puisse être résolue définitivement car il y aura beaucoup de résistances de toutes parts.
On peut toujours mentionner le cas des salariés manipulant des substances toxiques susceptibles d’être dangereuses pour la peau. Une prévention s’impose bien entendu dans cet exemple comme dans d’autres.
Est-il pour autant indispensable de demander à un salarié (ne manipulant aucun produit dangereux et travaillant simplement dans un bureau par exemple) de passer par une cabine de déshabillage et d’apparaître en sous-vêtement au regard d’un médecin en blouse blanche qu’il voit parfois pour la première fois ? C’est pourtant une pratique courante qui en dit long sur la conception de la "dignité" du salarié !
Je ne citerai pour appuyer mes propos qu’un exemple emprunté au Docteur C. Expert et publié dans la revue de "Médecine du travail" n° 4 en septembre-octobre 1994. Voilà ce qu’écrit ce médecin du travail :
"Le costume-cravate est susceptible de matérialiser un certain rapport de force concurrentiel et de bloquer tout dialogue médical. La nudité (ou quasi nudité) suspend le statut social et met entre parenthèse une bonne partie des stratégies de défense. Elle permet, par l’intimité acquise, un dialogue médical de qualité parce que plus empreint de sincérité. Le médecin peut aussi profiter, sans abuser, de cet instant privilégié pour aborder, au terme de l’examen médical, un difficile problème de reclassement avant que le cadre supérieur ne revête les attributs de sa fonction".
Les termes de "manipulation" ou de "violence symbolique" sont-ils excessifs si on les applique à ce discours et à cette pratique ? En tout cas on a bien compris que le Docteur C. Expert veut conserver son pouvoir et son "identité" de médecin !
Sur un plan plus général et au-delà du problème du déshabillage, que peut-on signaler des missions ambivalentes de la médecine du travail ? (Je ne développerai pas le problème de l’amiante qui restera longtemps encore une tâche sombre pour cette institution).
j’emprunterai ce qui va suivre à une enquête que j’ai conduite il y a quelques années.
La médecine du travail en France s’est structurée autour de la notion "d’aptitude", ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays comme le Danemark par exemple où elle est déclarée "inconstitutionnelle". Cette notion s’oppose également à la conception de la liberté individuelle dans les pays anglo-saxons. Un certain nombre de médecins du travail en France souhaitent remettre en cause "l’aptitude" pour réorienter leur pratique vers d’autres formes de prévention.
La notion d’aptitude tend en effet à cautionner les conditions de travail telles qu’une certaine rationalité économique et sociales les a imposées. Les médecins du travail ont des difficultés à assumer les conséquences d’une telle rationalité qui relègue au second plan les question de santé, d’où le malaise qui traverse en permanence leur activité. Les conditions financières du fonctionnement de l’institution et de sa reproduction étant assurées par les employeurs, il est facile de comprendre que le rapport du salarié avec la médecine du travail soit un rapport de "tutelle" plus qu’un rapport fondé sur un "contrat".
Le dépassement de la situation présente passe par la mise en place d’une autre logique de financement plus collective ou plus sociétale et non soumise à un groupe de pression quel qu’il soit. Il suppose de changer le paradigme "hygiéniste" (mise en place en 1942 par des notables dont on connaît les convictions "humanistes" comme Alexis Carrel sous le régime du Maréchal Pétain et repris en 1946) qui fonde l’existence du contrôle et de la surveillance des populations.
Cela pourrait permettre d’aller au-delà de l’actuelle utilisation du cabinet du médecin du travail : une chambre d’enregistrement des doléances où l’on gère les retombées de la souffrance sociale faute de pouvoir intervenir sur ses causes. Dés lors il serait possible de créer des lieux d’échange et d’intervention à partir desquels les professionnels de la santé au travail (médecins, ergonomes, psychologues, sociologues, économistes...) mais aussi les salariés et leurs représentants, seraient à même de définir les conditions de la santé au travail et de tenter de desserrer les contraintes économiques et sociales qui bloquent sa construction. _


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